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jeudi 20 novembre 2008

L'histoire d'un SDF embauché et logé parce qu'il est passé à la télévision

FD, 34 ans, SDF, sans emploi depuis six ans, a été embauché par un restaurateur parisien qui a vu dans un reportage à la télévision la petite annonce fixée sur sa tente installée canal Saint-Martin à Paris. Et, bonus inattendu, à l'emploi s'ajoute une chambre de 19m2. Le "père Noël" s'appelle O.S. Il y avait à peine un mois, il ouvrait un café restaurant très "bobo" dans le XIème arrondissement, et cherchait un cuisinier. Ce fameux lundi, il tombe sur un reportage "des Enfants de Don Quichotte", leurs deux cents tentes installées canal Saint-Martin, et aperçut ce carton fixé sur une tente rouge : "Fred, chef cuisinier, SDF depuis six ans". Abandonné par sa mère dès ses trois ans, devenu commis cuisinier au Palais royal de Bruxelles, Fred, Belge d'origine kabyle, gagnait bien sa vie quand, le 24 décembre 1999, une voiture tue safemme et son fils. Il plonge lentement. Fin octobre, Augustin Legrand, comédien fondateur "des Enfants de Don Quichotte", débarqua Pont d' Austerlitz pour passer six semaines dans la rue " pour savoir". "Je suis tombé sur Fred et son grill, avec lequel il préparait des grandes marmites de bouffe pour tous ses potes SDF." Avec son chien Calimero, Fred suit Augustin place de la Concorde, où ils sont vite chassés par les CRS, puis canal Saint-Martin. Là, une riveraine fait le tour des naufragés pour leur proposer d'inscrire sur leur tente l'emploi qu'ils convoitent. L'idée fait mouche. O. S. (restaurateur) 48 ans, "investisseur dans l'immobilier" d'origine tunisienne, ne veut pas jouer le sauveur : "J'avais besoin d'un cuisiner, il est cuisiner". Il reconnaît juste qu'il a vu d'autres candidats, "actifs, donc forcément meilleur". Et il parle de "bon sens" : "Il y a deux cents SDF sur le canal, s'il y avait deux cents entrepreneurs pour faire ce geste..."

(Ce témoignage a été recueilli dans un article paru dans le journal "la Voix du Nord" du 29/12/2006)

"IL FAUT PARTAGER SES RICHESSES"

Je voudrais vous faire part de ce témoignage qui m'a interpelé et que j'ai recueilli dans le journal "La Voix du Nord " du 29/12/06 de P.C. Chef d'entreprise, conseil en communication.



Nous sommes en 1980. Il vient d'arriver au Burandi. Jeune coopérant, il travaille au centre culturel de Bujumbura. Ce jour-là, il marche dans la rue sous un beau soleil. Une fois de plus, un homme l'alpague en lui demandant de le prendre à son service. Comme à chaque fois, il refuse. L'idée d'avoir des domestiques l'offusque. Il a en horreur ces ressortissants qui se comportent comme des parvenus. Cet homme qui l'interpelle est déjà âgé. "S'il te plait, donne-moi du travail." P.C lui explique qu'il sait très bien s'occuper de lui-même et tenir sa maison. Alors, l'homme lui répond tout doucement : "Tu sais patron, il faut partager les richesses." Et , sans plus insister, il continue son chemin. Sa dernière phrase résonne dans la tête de P.C. Ce vieillard venait de lui dire, non pas de renoncer à ses convictions, mais au contraire de les faire grandir. Il ne lui demandait pas l'aumône, mais un travail pour faire vivre sa famille. P.C. se dit alors que pendant l'année qu'il devait passer ici il pouvait aussi aider quelques personnes à vivre dignement de leur travail.

"Bientôt il embaucha un boy, puis un gardien de nuit"

Après tout, le salaire que l'Etat français lui octroyait, il pouvait bien le redistribuer intelligemment. Bientôt, il embaucha un boy, puis un gardien de nuit, puis un aide pour les courses faisant office également de gardien de nuit pour les week-ends...Il décida également d'appliquer le droit du travail français en matière de temps de travail, de vacances... Il n'a jamais revu ce vieil homme mais, grâce à lui, il sait à jamais qu'en France comme ailleurs, des hommes attendent que d'autres veuillent bien partager un peu de leur richesse. Si ces derniers voulaient comprendre que le vrai bonheur est de partager et non de posséder.